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ARGONAY | (đŸŽ„VIDÉO) Un jeune de 18 ans tuĂ© dans une collision avec le LĂ©man Express

Le 20/10/2021 - 10056 vues

Par Mathieu Hutin | RĂ©dacteur en Chef

L’alerte a été donnée à 19h53 ce mardi 19 octobre 2021, 3 minutes seulement après le premier arrêt du Léman Express en gare de Pringy. Le train de la ligne 2 à destination de Coppet (Suisse), parti d’Annecy à 19h44 venait de percuter un véhicule sur le passage à niveau de la route du Barioz, à Argonay (Haute-Savoie).

Dans la longue courbe qui traverse le village à la sortie d’Annecy, « le matériel récent et performant roule déjà à 90 km/h » explique un cheminot dépêché sur les lieux du drame : « Même juste après avoir quitté la gare de Pringy, il a déjà repris beaucoup de vitesse à la sortie du virage. »

C’est justement entre deux courbes que se situe le passage à niveau qui vient de coûter la vie à un jeune Haut-Savoyard de 18 ans. Les petits carrés de verre « sécurit » recouvrent la machinerie qui actionne les simples barrières de l’équipement de la SNCF. Des barrières intactes et qui sont en position ouvertes à l’heure où nous débutons notre reportage. Au milieu des voies de circulation, une trace de pneumatique, parfaitement parallèle à la voie ferrée. Quelques mètres plus loin, dans le ballast, un phare, puis le pare-chocs avant de la zoé électrique qui se trouve 250 mètres plus loin, trainée et presque totalement encastrée sous la rame blanche du Léman Express.

Dans l’amas de tôles difformes que nous découvrirons plus tard sur des images, le corps du malheureux de 18 ans, très grièvement blessé et inconscient, mais encore en vie ; selon le lieutenant Anice de la COB de gendarmerie de Meythet, confirmé par le maire d’Argonay Gilles François.

L’élu a été dépêché sur place pour prendre en charge la trentaine de passagers indemnes (tout comme le conducteur) qui étaient dans le train, d’abord accueillis à la salle polyvalente de la commune, puis repartis dans un car affrété par la SNCF. La circulation sur la ligne avait évidemment été totalement interrompue.

Une trentaine de sapeurs-pompiers ont œuvré pour d’abord neutraliser les risques électriques, propres à la voie de chemin de fer, mais aussi ceux liés à la voiture électrique. Les hommes du SDIS qui ont ensuite dû désincarcérer la voiture du train, et ensuite son conducteur. Des opérations de secours qui dureront 4 heures. En vain, car vers 23h30, le corps du jeune majeur sera évacué, déclaré décédé sur place par le médecin du SMUR. Une information confirmée par le Lieutenant-Colonel Maxime Chevallard, commandant la compagnie d’Annecy, également sur les lieux.

Les techniciens en investigation criminelle quitteront les lieux, puis les nombreux pompiers et les gendarmes pour laisser place à une délicate opération d’évacuation du véhicule dont il ne reste presque plus rien. Une opération au fond du jardin d’un particulier de l’impasse du chêne, rendue compliquée par la caténaire électrique restée sous tension.

L’opération de secours aura été longue et éprouvante, à en juger par les mines observées sur place ce mardi soir. Une opération qui engagea de nombreux moyens et une trentaine d’hommes du SDIS : un véhicule de secours routier, des moyens et des hommes « sauvetage et déblaiement », la « Cemafor » (cellule manœuvre de force) ainsi qu’une cellule ARI (assistance respiratoire et éclairage). En nombre aussi, les équipe de la SNCF qui espéraient rouvrir la voie pour 2 heures du matin, et les gendarmes qui sont à la tête de l’enquête.

Selon un cheminot sur place, le jeune homme de 18 ans avait forcé le passage à niveau : « Il montait en direction du château du Barioz et a voulu le prendre en chicane, les traces le confirment. » déplore l’agent SNCF. Une version confirmée par les services de secours qui nous préciseront que l’homme était peut-être mort sur le coup, et qu’il aura peut-être fallu attendre d’avoir accès à son corps pour être certain de son décès.



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